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 | | 30/05/2006 - Pour l'écume d'un regard- |
Qu'elle est belle-
Elle se tenait silencieusement contre la paume de sa main, un sourire timide aux lèvres. Les yeux – reflets de mer – où l’on voyait flotter des rêves épars -
Tout le monde était rassemblé. Des rires se faisaient entendre. La lumière baissait. Les visages se dessinaient délicatement contre la vitre des fenêtres fermées. Les rideaux ondulaient légèrement. Heure après heure, le regard tourné vers elle. Il faisait semblant d’écouter son voisin. Il imaginait une multitude de dialogues, une infinité d’expressions énigmatiques, une façon de lui dire son nom, une voix douce, grave, non, pas trop grave, murmurée, non, vibrante, vive, légère, une voix posée, posée mais fragile. Il tergiversait. Puis il faisait un léger mouvement de la tête et il recommençait l’exercice de style.
Elle se lève-
Resserrement. Sa main tremble. Ses jambes s’animent. Son visage s’éclaire. Les pensées trébuchent. Qu’elle sache mon nom. Que ses lèvres s’illuminent contre les miennes. Que ses yeux flottent dans la mer de mon rêve – deux îles couleur émeraude. Qu’un trait pur dessine nos corps. Qu’elle vienne sur les rives où les vagues bercent nos âmes.
Je suis là. Dans le creux de sa main. Tout cet or. Tout ce bleu. Murmure.
Elle esquissa un sourire. Franchit le seuil de la porte. Sur les pavés, au rythme de son pas, au balancement de ses cheveux, au mouvement du vent et des voiliers, elle me regardait. De loin. Etonnée.
Christina Kitsos |
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